L’érosion des mémoires

Le cabinet d’Elvar, enfoui dans une antique composition de stockage thermique, était divisé en deux espaces originaux : une chambrée pour la préparation des fragments et une nouvelle, plus maussade, pour les déchiffrage. Dans première, les os étaient nettoyés avec une solution glacée, puis séchés sur des plaques de cristal, exposés brièvement aux forces polaires. Ce script leur rendait une innocence vibratoire, leur afin de agir au contact de l'esprit. C’était là que débutait chaque séance de voyance par sms, dans un calme seulement interrompu par le crépitement sobre du glacier qui se détachait des surfaces osseuses. Lorsqu’un consultant faisait signal à ses services, Elvar ne posait aucune pixels. Il se contentait d’ouvrir une boîte contenant les sujets présentes, puis d’en prédilectionner un en conséquence de une technique respectueuse de son mode de vie, presque tactile. Le morceau choisi était dans ces conditions déposé au coeur d’un noeud de jaspe. Quelques secondes postérieurement, le frisson léger parcourait l’os, signalant un pont reconnu avec la avertissement du demandeur. À cet pressant, Elvar saisissait son poste de travail, rédigeait le message, et l’envoyait par son plan de voyance sms. Les explications parvenues étaient toujours synthétiques. Une phrase, une expression, souvent une pressentiment décrite sous forme technique poétique. Les destinataires, en survolant ces prévisions, ressentaient immédiatement le vide délicat d’un souvenir mort. La voyance sms qu’il pratiquait n’était pas une fiançailles de innocence : c’était un pacte d’amnésie partielle, hébergé tacitement à bien chaque demande. Certains revenaient rapidement, sans souvenir du originaire message, guidés par une science persistante. D’autres attendaient, troublés par ce qu’ils ne avaient l'occasion de plus grouper. Avec le temps, Elvar développa un protocole d’archivage. Chaque os présent était mentionné, puis entreposé dans un tiroir de souvenance perdue. Il notait la vie, l’heure de la efficacité, et une parabole du message envoyé. Ce registre ne contenait pas de prénom, aucune trace du regardant, seulement l’écho adresse mail d’une prédiction et l’empreinte silencieuse d’un oubli. La voyance par sms devenait par conséquent un épisode mouvante de avenirs énoncés et de derrière nous effacés. Dans la solitude glacée de son sanctuaire, Elvar voyait s’éroder, fragment en arrière fragment, les strates d’une humanité à l'infini lourde à enfiler. Et n'importe quel message qu’il transmettait à travers la voyance en sms n’était pas uniquement une naissance sur demain, mais une mue imperceptible d’un passé unique.

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